Lutter contre la broncho pneumopathie chronique obstructive

Maladie pulmonaire chronique et progressive, la Broncho pneumopathie chronique obstructive est mal connue mais pourtant très grave. C’est pourquoi la plateforme Palomb portée par la Fondation Bordeaux université a pour objectif d’améliorer la prise en charge de cette pathologie. A l’occasion de l’évènement « Mai Poumons » qui a eu lieu à Bordeaux les 5 et 6 mai, le professeur Chantal Raherison, pneumologue au CHU de Bordeaux et coordinatrice de Palomb fait le point sur ce projet.

  • 17/05/2018

© Fondation université de Bordeaux © Fondation université de Bordeaux

Les prévisions de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) font froid dans le dos : d’ici 2030 la broncho pneumopathie chronique obstructive (BPCO pour les initiés) serait la troisième cause de mortalité… Et pourtant, comme le confirme le professeur Raherison, pneumologue au CHU de Bordeaux et professeur à l’université de Bordeaux, cette maladie pulmonaire chronique et progressive caractérisée par une obstruction des voies aériennes est très mal connue du grand public, des patients eux même mais aussi des professionnels de santé. « Consulter un pneumologue n’est pas toujours une évidence. Même les médecins généralistes n’ont pas forcément le réflexe d’adresser leurs patients, encore moins les jeunes. Ou alors quand c’est presque trop tard… » regrette t-elle. Car malheureusement, on ne prend conscience de la notion de souffle que lorsqu’on est déjà malade. Due principalement au tabac et à la pollution, la BPCO fait de plus en plus victimes chaque année. « En France, nous n’avons que très peu de données sur cette maladie qui qui touche de plus en plus de jeunes, c’est pourquoi nous avons créé Palomb, initiative commune de l’Association des Pneumologues Privés du Sud-Ouest (APPSO), de pneumologues hospitalo-universitaires, des centres hospitaliers généraux et soutenue par la Fondation Bordeaux université  depuis 4 ans. A ce jour, 2300 patients sont observés  et des études épidémiologiques ont été mises en place dans l’objectif d’améliorer la prise en charge de la maladie et de favoriser la prévention.

Apprendre à respirer, c’est apprendre à vivre mieux

A cet égard,  le professeur Raherison a largement participé à l’évènement Mai Poumons qui a eu lieu pour la première fois à Bordeaux les 5 et 6 mai dernier. « Nous constatons malheureusement que ¾ des maladies respiratoires pourraient être évitées par une meilleure connaissance des poumons. Prendre conscience de sa respiration permet de protéger sa santé respiratoire » affirme Chantal Raherison au cours  de la conférence « mes poumons : j’en prends soin » qu’elle a animé le jeudi 3 mai.
Car pour être prise en charge, les pathologies respiratoires dont la BPCO doivent être dépistées le plus précocement possible. Le seul moyen pour le faire est la spirométrie, c’est-à-dire la mesure du souffle par l’exploration fonctionnelle respiratoire. Or, comme le constate malheureusement Chantal Raherisson, « la France est très retard en matière de prévention primaire des maladies respiratoires. Dans les pays nordiques, on pratique une mesure du souffle en médecine scolaire, comme on prend la tension et comme on se pèse. En France, on ne mesure le souffle que lorsqu’il y a un symptôme. "
Les initiatives d’envergure telles que la plateforme Palomb ainsi que les actions de sensibilisation et de prévention comme « Mai Poumons » concourent sans aucun doute à une meilleure connaissance de ces maladies et donc de leur prise en charge.

La BPCO ou Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive se définit par une inflammation et une obstruction chronique des voies aériennes. Elle est essentiellement liée au tabac, pour plus de 80% des cas et cause des lésions des bronches et du poumon. Cette pathologie atteint entre 6 et 8% de la population, soit plus de 3.5 millions de personnes.
Cette maladie touche essentiellement les hommes (près de 60% des malades) et les personnes âgées de plus de 45 ans.
La BPCO entraîne 17.000 décès chaque année en France, elle est la 6ième cause de mortalité. Selon les prévisions de l’organisation mondiale de la santé, la BPCO sera en 2030 la 3ième cause de mortalité.