Les mathématiques, une affaire de famille !

Passionnée de mathématiques, Sara Mehidi a quitté son Algérie natale pour poursuivre ses études à l’université de Bordeaux, comme sa grande sœur Lilia ! Deuxième portrait de ces étudiantes pour qui les mathématiques peuvent devenir automatiques à l'occasion de la semaine qui leur est consacrée.

D’où vous vient cette passion pour les mathématiques ?

J’ai été bercée dans les mathématiques par ma famille, en Algérie. Je cherchais toujours à résoudre les exercices intitulés “défi“ que je trouvais dans certains manuels. Nous faisions, ma sœur et moi, des petites compétitions sur des jeux de réflexion, à partir d’un livre offert par notre père. On s’amusait ensuite à comparer nos résultats ! Ce loisir est devenu plus sérieux au lycée, quand j’ai participé à un concours scientifique de mathématiques. En classes de seconde et de première, j’ai par deux fois obtenue la première placeau niveau national. Cette réussite m’a motivée et j’ai continué en obtenant un bac scientifique.

Comment êtes-vous arrivée à Bordeaux ?

J’avais de bons résultats dans cette matière, ce qui m’a encouragé à poursuivre dans cette voie. Je suis donc entrée en première année de licence de mathématiques à l’université de Béjaïa, puis en deuxième année à l’université de Bordeaux, grâce au programme Erasmus. Je suis venue en France pour la langue, mais aussi parce que j’y ai de la famille. J’ai d’ailleurs décidé de rester ici, car les thèmes abordés dans la formation sont diversifiés. Je peux étudier la théorie des nombres, la topologie, les probabilités, etc., et non plus seulement les mathématiques appliquées.

Envisagez-vous de continuer vos études universitaires en France ?

Oui, je suis actuellement en licence 3 et je veux faire un master en France. Ma sœur va commencer un doctorat et je veux rester avec elle. J’espère que les programmes enseignés à l’université où elle ira m’intéresseront. J’aime beaucoup la vie ici et l’environnement universitaire. Je me suis adaptée assez vite, bien que je sois de nature timide. Je vais devoir aussi choisir une spécialité en master 2, et cela dépendra des formations qui proposent des cours qui me plaisent.

Lilia et Sara Mehidi, étudiantes en mathématiques @ DR

Avez-vous des préférences en mathématiques ?

Vous savez, on retrouve les mathématiques dans la vie de tous les jours ! Par exemple pour le GPS, dont le fonctionnement est en grande partie basé sur la relativité restreinte, donc sur des formules mathématiques. J’ai justement découvert à l’université la diversitédes applications, présentes dans tout ce qui nous entoure, et c’est très intéressant. L'évolution de nombreux phénomènes naturels est souvent la solution d'une équation différentielle, comme la prolifération des bactéries en biologie, ou les problèmes d'oscillation, de décharge d'un condensateur en physique. Je suis aussi particulièrement intéressée par l’astrophysique surtout depuis que j’ai découvert les innombrables applications des mathématiques dans ce domaine, notamment celles de la topologie…

Est-ce difficile d’être une femme dans une matière où elles sont peu présentes ?

Je ne rencontre aucun problème en tant que femme. Je pense que c’est un handicap psychologique. Mais je vois que dans ma classe, seulement un quart des étudiants sont des femmes. La plupart espèrent enseigner au secondaire. Je suis la seule femme de ma promotion à vouloir poursuivre en recherche, pour devenir enseignante-chercheure. Tout comme ma grande sœur, avec qui on se soutient. Nous avons aussi des professeures femmes à l’université, ce qui incite à continuer. Et elles encouragent particulièrement les filles !

 propos recueillis par Mélissa Cormier-Huguet, étudiante en master Médiations des sciences et membre des Dealers de science

Mise à jour le 16/03/2016

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