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« M. Baudrimont, né en 1806, à Compiègne, se destina de bonne heure à l'étude de la pharmacie et de la médecine. Des recherches spéculatives sur les lois des combinaisons chimiques le conduisirent à s'occuper spécialement de chimie, et ses travaux prirent dans ce sens une direction bien déterminée, lorsqu'il fut choisi, en 1833, par l'illustre Thénard, pour diriger les travaux de l'important laboratoire du Collège de France. Sa réputation s'étendit rapidement.
Il publia, vers 1844, un traité de chimie fort remarquable par les vues nouvelles sur la théorie atomique, vues qui. fixèrent l'attention du monde savant, déjà appelée sur ce point par les publications de M. Dumas et des chimistes français, de Laurent et Gerhardt en particulier. [...]
Laurent, qui avait été nommé à la chaire de chimie lors de la création de la Faculté de Bordeaux, la quitta en 1848 à la suite de sa nomination comme essayeur de l'un des bureaux de la Monnaie de Paris. Cette chaire, devenue vacante, fut confiée à M. Baudrimont, qui l'occupait depuis 1847 à titre provisoire et qui ne tarda pas à y être nommé définitivement. Ses travaux le désignaient suffisamment au choix du ministre et à celui de ses collègues, heureux de le voir prendre place dans leurs rangs.
Les nombreux élèves formés par notre honorable collègue et dont plusieurs occupent aujourd'hui de hautes et honorables positions, se souviendront toujours de cet enseignement clair, méthodique et constamment maintenu au courant de la science. Le professeur était jaloux de ne laisser passer, sans l'avoir approfondie, aucune des nombreuses questions soulevées par les progrès de la chimie, de la chimie organique en particulier.
Chargé vers 1854 d'un cours de chimie agricole, qu'il professa à la Faculté, M. Baudrimont s'occupa de questions qui intéressent les applications de la chimie à l'agriculture et il publia sur plusieurs d'entre elles des notes d'un haut
intérêt.
Mais ses travaux de laboratoire ne le détournèrent pas de recherches d'un autre ordre, relatives à la physique et à la chimie corpusculaires pour lesquelles il avait une prédilection marquée. Ses publications sur ces divers points de science, publications insérées dans les Mémoires de la Société des Sciences physiques et naturelles, assurent à son nom une place honorable parmi ceux des savants de notre époque. »
G. RAYET, Histoire de la Faculté des sciences de Bordeaux (1838-1894). Actes de l'Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, 1897.
Dernière mise à jour : 25/11/2010
Responsable de cette page : Claire-Lise GAUVAIN
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