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Originaire de la ville de Nérac, il est issu de l'union de Paule-Adélaîde de Gramont de Villemontès et de Jean-Baptiste Lespiault. Ayant un attrait certain pour les lettres, son père enseigna très tôt le français et le latin à ses trois jeunes enfants (J.Maurice Lespiault, Gaston Lespiault et Frédéric Lespiault). Restés célibataires, le nom Lespiault disparu à la mort du dernier fils. Dessinateur et poète excellent, J.Maurice Lespiault s’intéressa plus particulièrement à la botanique et aux vignes américaines. Frédéric-Gaston Lespiault devint lui viticulteur distingué.Enfin, Gaston Lespiault (1823-1904) fut le futur professeur et doyen de la faculté des sciences de Bordeaux.
Après ses études faites au collège Sainte Barbe, Gaston Lespiault intégra Louis-Le-Grand puis l’École Normale Supérieure en 1844 dirigée par Dubois. Durant ses années d'études à l'ENS, il se lia d'amitié avec Houël, personnage emblématique qui verra également sa bibliothèque privée transférée vers les magasins de la Bibliothèque universitaire de Sciences et Techniques. Élève sérieux et doué, il obtient aisément ses deux licences de Mathématiques et Physiques en 1846 ainsi qu'une agrégation en Sciences en 1847. Il deviendra régent de physique et de mathématiques au Collège Royal de Compiègne en 1847, professeur de mathématiques au collège royal d'Amiens en 1847, au lycée de Pau en 1851, Clermont en 1852, Rennes en 1852 et Toulouse en 1853.
Par la suite, il décidera de quitter l'enseignement secondaire afin de poursuivre sa propre formation scientifique. Il assistera au cours de J.Bertrand au collège de France, de la Sorbonne et finalise la rédaction de sa thèse sur la libration de la Lune.
Soutenue avec brio, sa thèse prit pour support de réflexion celle de Poinsot. Il applique aux mouvements de rotation de la Lune de la théorie de Poinsot, la rotation des corps et l'application au problème de la précession des équinoxes. Lespiault y démontrera l'égalité des moyens de mouvements de la rotation de la Lune sur son axe et de sa révolution autour de la Terre.
Il rédigera un deuxième mémoire sur le mouvement des nœuds de la Lune et de l'inégalité en latitude. Enfin son dernier mémoire sera consacré à une détermination géométrique de la variation des éléments elliptiques des planètes. Son travail s'appuiera sur les méthodes géométriques de Newton et de Lagrange qu'il cherchera à simplifier et à compléter par une étude des variations de tous les éléments. Durant l'année 1861, il travaillera sur un classement possible des 70 « petites planètes » (satellites) trouvées autour de Mars et Jupiter.
Lespiault météorologiste
Le milieu du XIXème siècle en France donne lieu à de grands travaux sur l'étude des mouvements de l'atmosphère. Tessier entre autre renouvellera l'étude des orages entreprise à la fin du XVIIIème siècle. En 1864, le service météorologique de Paris organisé par Le Verrier confie l'étude des orages à des commissions météorologiques départementales. Lespiault sera l'un des membres les plus actifs de celle de Gironde. Il dressera la carte des principaux orages observés dans le département pendant ces trois dernières années. Il travaillera principalement à partir de statistiques météorologiques et établiera un Atlas Météorologique (1872-1874).
Lespiault aura un rôle fondamental dans les créations scientifique qui se sont succédées à Bordeaux depuis 1870. Il fut surtout l'initiateur de la création de l'observatoire de Bordeaux.
A l'origine, l'émergence d'un observatoire à Bordeaux était le vœu de Lalande et de la Faculté des Sciences (créée en 1838). Or, un tel projet devait être approuver par le conseil municipal de Bordeaux.Chargé de cours d'Astronomie et de Mécanique à la Faculté des Sciences de Bordeaux depuis 1858, ses cours publics d'Astronomie remportent un franc succès auprès des étudiants.
De plus, les observations heureuses de l'Eclipse totale du Soleil permis à Lespiault d'obtenir une légitimité indéniable dans la sphère scientifique. A la tête du parti libéral de Bordeaux, sa légitimité s'étenda plus largement sur la scène publique. Il eut ainsi une grande influence au siège de l'Hôtel de Ville.
Plus tard, Lespiault fut sollicité par la Commission instituée pour éclairer le gouvernement de M. Thiers sur les Observatoires en France. Il fut élu au conseil municipal et son mandat fut renouvelé pendant vingt-deux ans consécutifs. Son statut lui donna la possibilité de mener à bien le projet de création d'un observatoire et d'un établissement astronomique à Bordeaux. Nommé plus tard membre de la commission d'examen du projet, il œuvra pour l'organisation de l'enseignement supérieur à Bordeaux liée à la création d'un observatoire. La commission proposa l'acquisition de la propriété de Monfraguey (Floirac) qui fut acceptée par le conseil municipal de Bordeaux. Lespiault fut l'un des membre le plus actif d'une commission d'organisation qui a mis en place des plans de l'observatoire et qui a commandé des instruments astronomiques.
Outre son travail d'homme public et professeur/chercheur des sciences, Lespiault lit beaucoup de livres contemporains de son époque. Au fil de ses lectures, Lespiault rassemble une bibliothèque importante de livres anciens et modernes, d'ouvrages d'Astronomie enrichis de beaux cuivres, des collections de journaux scientifiques, des œuvres de littérature et d'histoire et enfin de l'histoire locale. La logique qui a présidé à la réunion des documents est indissociablement liée à la vie et à la personnalité de Lespiault comme le souligne G.M Rayet : « bibliophile délicat, lettré au goût très sur et ouvert à toutes les branches de la littérature ancienne et moderne, française et étrangère ». Notamment, on retrouve le Voltaire de Kehl, Bernardin de Saint-Pierre, Homère, Virgile, l'Almageste de Ptolémée, Laplace, Legendre, les premières éditions des romans de Flaubert, Goethe, les poèsies de Richepin, le Journal de Physique d'Alméida, le Voyage de Chappe en Sibérie, des reproductions de peintures de Pompéi...
Lespiault intégra le Cercle Philarmonique appartenant lui même à la Commission des Concerts et le Cercle National. Élu au conseil Supérieur de l'Instruction public des facultés des Sciences en 1880, il demeura un grand partisan des créations de grands centres universitaires durant tout son mandat. Il reçu une promotion pour devenir recteur de Bordeaux, qu'il refusa par la suite. Il fut sacré Chevalier en 1869 et officier en 1897 de la légion d'honneur.
A la fin de sa vie, retraité, Lespiault n'oublia ni les sciences, ni ses collègues. Et surtout, il s'adonna avec passion à la culture de ses vignes. Il meurt dans sa ville natale de Nérac le 3 octobre 1904.
Sources : M.G.Rayet, Annales de l'observatoire de Bordeaux : Gaston Lespiault – Paris
Dernière mise à jour : 03/02/2012
Responsable de cette page : Lara RICHARD
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